Les 350 à 3 cylindres |
| C'est au salon du Motocycle de 1972 que nous avons pu contempler pour la première fois un prototype de 350 Motobécane qui ressemble, à quelques détails esthétiques près, à la version définitive. Cette moto est bien supérieure en innovations technologiques à ses concurrentes japonaises de l'époque, ce qui lui donne sa personnalité très attachante. Elle a été produite à un nombre d'exemplaires assez limité, principalement pour le marché intérieur. Un autre amateur, Michel Blenet, les a recensées : la dernière connue serait la numéro 785 | ![]() |
| Présentation
Elle est assez volumineuse pour sa cylindrée, elle est trapue, son réservoir est énorme, de couleur jaune comme le dosseret et les caches latéraux, son moteur est surdimensionné et ses quatre pots d'échappement chromés ressemblent à des tuyaux d'orgues. L'ensemble, très esthétique, ne peut laisser indifférent. |
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Le moteur C'est un 3 cylindres 2 temps refroidi par air, face à la route, incliné à 25° vers l'avant Son taux de compression est de 10, développant 38 ch à 7200 t/mn avec un couple maxi de 3,6 mkg à 6500 t/ mn. Le moteur est presque carré avec un alésage de 53 mm et une course de 52,8 mm pour une cylindrée unitaire de 116,487 cm3 et totale de 349,46 cmc.
Les cylindres |
L'embiellage |
L'assemblage est une belle réalisation, le vilebrequin ne comprenant que 7 éléments reposant sur 5 paliers, utilisant 5 roulements de chez SKF. Les bielles sont monobloc, les têtes de bielles sont sur cages à aiguilles Dükopp, les pistons signés Karl Schmidt en alliage léger forgé, équipés de 2
segments, le supérieur en L. Comme on voit, l'usine n'a pas hésité à utiliser les meilleurs matériaux des fabricants européens. |
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La lubrification |
Elle est assurée par une pompe mono piston à débit variable, l'huile est injectée aux roulements du vilebrequin, il est donc fortement déconseillé de l'enlever pour rouler au mélange sous peine de casser le moteur. |
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L'embrayage |
Il possède 6 disques travaillant dans l'huile. Placé en entrée de boite de vitesse, il est du type inversé, ce système permet une commande extérieure plus simple. La butée de commande, très soigneusement réalisée, fait appel à un roulement à gorges profondes. | |
La boite de vitesses |
Elle possède 5 rapports en cascade par pignons à taille droite toujours en prise, crabotage axial par croisillon sur l'arbre secondaire, commande au pied gauche (1ère en bas, les autres en haut). Cette boite de vitesse est dure et imprécise et nécessite une certaine accoutumance, c'est sûrement la partie la plus décriée de cette machine. | |
L'alimentation |
Elle s'effectue par 3 carburateurs Gurtner MA 757 A avec un diamètre de passage de 24 mm, synchronisés par palonnier. Un starter original est situé sur le carburateur droit, il s'agit d'une petite pompe à main injectant un peu d'essence dans chaque tubulure d'admission par l'intermédiaire d'un réseau de durites. Le réservoir de carburant contient 20 litres ou 18,6 litres suivant les modèles. Le robinet ne possède hélas pas de position réserve. Le réservoir d'huile contient 2,5 litres. Le filtre à air est unique avec un élément filtrant en papier gaufré collé à la résine. | |
L'allumage électronique
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C'est "Monsieur 40 000" Volts, créé par la filiale NOVI. Il est à décharge capacitive. L'énergie est produite par un gros alternateur fournissant au minimum 180 Watts avec son volant hexapolaire. Cinq bobines fournissent le courant de charge de la batterie et une sixième est la bobine primaire de l'allumage, 3 condensateurs sont chargés par cette bobine au moyen d'un dispositif électronique approprié. Trois capteurs électromagnétiques placés à la périphérie du volant émettent, lorsque passe devant eux un bossage, une impulsion qui rend conducteur le thyristor de chaque circuit d'allumage, la charge passe alors dans la bobine. Par ce système la machine peut démarrer avec une batterie à plat. De plus, il est très en avance pour son époque où la plupart des motos sont équipés de vis platinées et condensateurs. | |
La partie cycle Un très classique et robuste double berceau avec bras oscillant pesant 19,4 kg. La fourche, de marque Telesco, est un peu fluette, avec un té en aluminium et un frein de direction à friction. Les jantes sont des Borani en alliage léger, avec des moyeux Grimeca, et les pneus, des Michelin de série (L27 à l'avant et M38 à l'arrière). Les amortisseurs sont d'abord des Haerts, puis des Telesco à réglage en 5 positions. Le freinage est assuré à l'avant par un disque en fonte de 275 mm avec étrier fixe à double piston à commande hydraulique Lockheed (plaquettes identiques à celles des Austin Mini) et à l'arrière par un tambour simple came de 180 mm. Ce système est très efficace, il est recommandé d'être doux avec les commandes. |
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Les divers équipements Le projecteur est un bi-iode Marchal de 200 mm de diamètre d'une puissance de 110 Watts. Les compteurs et compte-tours, très précis, sont des Veglia. La transmission secondaire, côté droit, par chaîne, est protégée par un carter enveloppant en tôle. Le guidon à cintre plat ainsi que les boîtiers de commandes et clignotants sont des Saker. Dimensions et performances Empattement : 1,33 m Longueur : 2,05 m Largeur : 0,74 m. Poids : 170 kg. La vitesse en position assise est de 144 km/h ; en position couchée, de 156 km/h |
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L'évolution de notre 350 |
Le cadre |
C'est surtout celui-ci qui a évolué. Il existe sur les derniers modèles des machines équipées de cadre rallongé de 45 mm. Nous pouvons les reconnaître par rapport aux autres. L'arrière du cadre est différent, le dosseret est plus long, avec la plaque métallique du dessus à 3 vis au lieu de 2. La colonne de direction est plus grosse et ses roulements sont coniques, le frein de direction est supprimé. Les repose-pieds sont fixés par des clavettes. La pédale de frein passe au dessus des pots d'échappement. Le carter de chaîne est rallongé par une pièce soudée au modèle classique. |
Le moteur |
L'injection électronique devait nous apporter une consommation de carburant moins importante, une montée en régime plus rapide, une puissance arrivant plus vite, une souplesse accrue à bas régime, mais à notre plus grand regret elle n'a jamais été fabriquée en série. |
Les regrets |
J'ai la chance de posséder une 350 à cadre rallongé, actuellement en cours de restauration. Ces derniers modèles équipés encore de moteur à carburateurs annonçaient les premiers modèles à injection, je rends hommage à cette occasion au génie de MM. Jaulmes et Drucker, ses concepteurs. Je me sens un peu lésé car en 1975 j'avais 18 ans et j'avais économisé pour acheter une 350 où 500 à injection. Qui sait si mon désir d'adolescent se réalisera un jour ? Il ne faut pas rêver mais j'espère encore !!! |
| Dominique Bessouat-Aubertain En complément, nous vous suggérons de lire l'article de Patrick Barrabes sur l'injection électronique |
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Mise à jour le 20.11.98 / JMB